EDMOND VULLIOUD

EDMOND VULLIOUD 

Sur une scène où au Théâtre « Du Quotidien », Edmond Vullioud occupe tout l’espace. Il a une carrure, imposante, qui a subi des assauts repoussés. Son timbre de voix est puissant et la diction parfaite. Ce comédien, cet acteur aussi, né au Chenit, au lieu-dit « Chez le Maître », rassure autant qu’il impressionne. 

Son parcours, brillantissime, sort de l’ordinaire. Il a joué, mis en scène, décoré plus de 150 spectacles. Il a fréquenté les principales institutions théâtres de Suisse-romande et, jusqu’en 1988, Edmond Vullioud a travaillé au Théâtre national à Marseille, sous la direction de Marcel Maréchal. A son compteur, il a plus de 12 films, à la télévision ou au cinéma. Le dernier en date ? Un juif pour l’exemple. « Je joue le rôle de Pierre, papa de Jacques Chessex enfant. Je n’ai pas rejoué pour le cinéma depuis, le théâtre m’a pris du temps. » 

Quand on lui demande la différence qu’il y a entre un comédien et un acteur, Edmond Vullioud pense à Louis Jouvet, ou s’en inspire : « Un acteur utilise ses qualités personnelles pour les mettre au service d’un personnage. Il s’approprie le personnage. Un comédien, lui, construit des qualités à partir d’un personnage. Il se laisse approprier. Reste que tous les deux doivent avoir du cœur. » 

Avant d’embrasser la carrière qui est la sienne, Edmond Vullioud a appris le dessin d’architecture dans un bureau. Entré au Conservatoire de Lausanne, il a goûté à sa passion et il a choisi. Il ne s’est pas trompé. « Être luthier m’aurait plus aussi mais le Maître luthier Pierre Gerber m’a dégoûté de faire ce métier ou de m’en approcher. Il m’a dit un jour : « Si tu ne te sens pas doué pour le faire, il ne faut pas commencer à l’apprendre. » J’avais 15 ans, je sortais d’une école de campagne. » 

Pour Edmond Vullioud, l’Ordalie est son 6e ou 7e spectacle depuis un an. Il aime ce qui a trait à l’Histoire – son autre passion-, ce genre de rôle où il faut manier le glaive et la balance des sentiments. « Le théâtre classique me plait bien. Hélas, ce genre de pièce se monte de moins en moins. Suis-je nostalgique de ma jeunesse ? Je n’ai pas (encore) la réponse à cette question. » 

Comédien, acteur, metteur en scène, mais aussi auteur : Edmond Vullioud écrit et là aussi, il connaît le succès. En 2013 est sorti « Les amours étranges », 12 nouvelles du XXe siècle (édition l’Age d’Homme). « Il y a eu une réédition corrigée et augmentée de 2 nouvelles », précise-t-il. Toutes parlent du désir et les chemins parfois étranges qu’il prend pour se manifester. En 2017, paraît sa comédie « Lüther à table », tirée des Tischreden de Martin Lüther. 

Et très bientôt, un 3e ouvrage sera présenté au Livre sur les Quais à Morges (6 au 8 septembre), coïncidant avec le spectacle l’Ordalie. Le titre de ce livre, qui paraît aux éditions bsn press à Lausanne ? « SAM, qui est la signature d’un peintre qui s’appelle Samuel. Il s’agit de son histoire qui se déroule en 1900 et 1917. SAM rencontre pas mal de personnages historiques ou de romans, avec un statut historique. Parce qu’il a un don, SAM communique par le dessin. C’est une pure fiction. » 

Entre deux rires, Edmond Vullioud effectue un retour vers le futur proche. L’Ordalie, son rôle d’Othon de Grandson, chevalier-poète, ou trouvère, de grand lignage, servi aujourd’hui magistralement par un texte signé Michel Moulin. (J.W.)

Interview du comédien Edmond Vullioud sur son rôle dans le spectacle L’Ordalie.
Edmond Vullioud dans le rôlede Othon III deGrandson
Share:
Créé avec amour par Lions Creative sàrl